Autisme et dépendances: le Dr Natasha Campbell-McBride au congrès Eurêka 2014
6 novembre 2026
Denise Kruger
En avril 2014, à Aix-en-Provence, le congrès Eurêka de Quantique Planète consacre ses conférences à la dépression et aux maladies auto-immunes. Le Dr Natasha Campbell-McBride y présente le syndrome entéropsychologique (GAPS). Dans cet extrait d’une dizaine de minutes, elle parle en anglais et une interprète la traduit en français. Elle y relie l’autisme, les troubles de l’apprentissage et, plus tard, les comportements de dépendance à l’état de l’intestin. Cet extrait est désormais sous-titré en français. Nous vous en présentons ici les grandes idées, avec ce qu’en disent ses livres.
Dans cette vidéo
- 00:13 Des enfants nés avec un cerveau normal
- 00:47 Comment un bébé apprend
- 02:19 Un cerveau embrumé par les toxines
- 03:29 Dissiper le brouillard toxique
- 04:26 Un spectre de troubles
- 05:25 Ne pas attendre une étiquette
- 07:26 Des adultes GAPS
- 08:48 Neurotransmetteurs et dépendance
Des enfants nés avec un cerveau normal
Le Dr Natasha Campbell-McBride commence par un constat qui surprend:
« Une grande majorité des enfants autistes naissent avec un cerveau parfaitement normal. »
Ce qui change, selon elle, c’est ce que l’enfant reçoit à la naissance: une flore intestinale anormale, reçue de sa mère.
Cette flore déséquilibrée produit des substances toxiques. Elle décrit un flux de toxines qui monte de l’intestin jusqu’au cerveau.
Son livre Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE décrit ce trajet dans le chapitre « Le lien « intestin-cerveau » »: la flore intestinale déséquilibrée de ces enfants et de ces adultes produit un grand nombre de neurotoxines, qui traversent la paroi intestinale abîmée, passent dans le sang et atteignent le cerveau.
La transmission de la flore de la mère à l’enfant est traitée dans un autre chapitre du même livre, « La famille ».
Comment un bébé apprend
Pour comprendre l’effet de ces toxines, le Dr Natasha Campbell-McBride décrit la façon dont un bébé découvre le monde. Il écoute, il regarde, il fixe les adultes pour comprendre qui ils sont. Il touche tout ce qu’il rencontre et met tout à la bouche.
Le bébé se sert de ses oreilles, de ses yeux, de ses papilles et de son toucher pour rassembler des informations. Son cerveau les analyse, et c’est ainsi qu’il apprend à reconnaître sa mère et son père, à jouer, à manger et à imiter les autres enfants.
Mais ce travail suppose un cerveau libre de ses mouvements. Si toute cette toxicité embrume le cerveau de l’enfant, explique-t-elle, il ne peut pas assimiler normalement les informations. Elle en donne une image:
« Ces informations deviennent comme une bouillie, comme un bruit dérangeant à l’intérieur du cerveau de l’enfant, comme une brume. »
D’où ces comportements que connaissent bien les parents d’enfants autistes. L’enfant peut prendre la main d’un inconnu dans la rue et partir avec lui, parce que sa mère n’a pas plus de signification pour lui qu’une autre personne. Comme elle le résume, les enfants autistes ne savent pas quoi faire des jouets, des aliments ni des autres enfants, et ils sont incapables d’imiter.
Dissiper le brouillard toxique
Pour le Dr Natasha Campbell-McBride, l’objectif est donc clair: pour aider ces enfants, il faut, dit-elle, dissiper cette brume toxique qui embrume le cerveau.
Son livre fixe le même but au traitement, dès l’ouverture de sa deuxième partie, « Le traitement »: permettre au patient d’évacuer les toxines et de dissiper le brouillard toxique qui embrume son cerveau, pour que cet organe fonctionne correctement.
Dans sa conférence, elle explique que, pour arrêter ce flux de toxines, il faut selon elle réparer la paroi intestinale et rétablir la flore. C’est le rôle qu’elle donne au protocole nutritionnel GAPS.
Un spectre de troubles, rarement une seule étiquette
L’autisme n’est pas la seule issue possible. Selon le niveau de toxicité et la nature des toxines qui sortent de l’intestin, l’enfant peut devenir hyperactif, dyslexique ou dyspraxique. Souvent, il présente un mélange de symptômes qu’aucune étiquette ne réunit:
« Il aura peut-être un petit peu d’autisme, un petit bout de dyslexie, un morceau de dyspraxie, et encore autre chose. »
Selon elle, environ 80 % des enfants entrent dans cette catégorie mixte. Ce chiffre est le sien, dans cette conférence. Son livre Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE relie aussi ces troubles entre eux, dans le chapitre « La schizophrénie »: il y voit de nombreux points communs entre la dépression, le trouble bipolaire, les troubles obsessifs compulsifs (TOC), la dyslexie et la schizophrénie.
Ne pas attendre une étiquette
Avec ces enfants, raconte le Dr Natasha Campbell-McBride, les pédiatres temporisent souvent. Ils proposent de revoir l’enfant six mois plus tard, puis encore six mois plus tard. Pour elle, c’est un temps précieux qui se perd, car plus l’enfant grandit, plus il reste de dégâts.
Dans sa conférence, elle cite des examens d’imagerie du cerveau: des cerveaux d’apparence normale chez des enfants autistes de trois ans, une atrophie chez des autistes de vingt-trois ans. Ces examens ne figurent pas dans ses livres. Elle en tire cette explication:
« Parce que plus le cerveau est bombardé longtemps par les toxines, plus les dégâts sont importants. »
Dans cette conférence, elle invite donc les parents à ne pas attendre qu’un diagnostic soit posé pour s’occuper de leur enfant.
Des adultes GAPS et la tentation des dépendances
Quand ces enfants grandissent sans avoir suivi le protocole GAPS, ils deviennent, selon ses mots, des adultes GAPS. L’un des problèmes qu’elle observe chez eux est la dépendance. Elle y voit deux raisons, l’une psychologique et l’autre physiologique.
La raison psychologique tient à l’enfance. Ces enfants ont grandi sans les compétences sociales qui leur auraient permis de se faire des amis. Les autres enfants les rejettent, et leur estime d’eux-mêmes devient très fragile.
À l’adolescence, ils sont prêts à tout pour avoir des amis, et le comportement de dépendance devient l’un de leurs moyens.
La raison physiologique touche aux substances chimiques du cerveau. Elle part d’une conviction:
« Physiquement, je pense que nous, les êtres humains, sommes nés pour être heureux. »
Ce bonheur dépend, explique-t-elle, de neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine, la noradrénaline et les endorphines. Or, selon elle, la plupart de ces neurotransmetteurs sont produits dans le système digestif.
Dans la conférence, elle avance un chiffre proche de 100 % pour la sérotonine, la dopamine et le GABA. Son livre Le syndrome entéroPHYSIOLOGIQUE donne des chiffres plus nuancés, dans le chapitre « Rôle de notre flore intestinale »: environ 95 % de la sérotonine et environ 50 % de la dopamine, selon lui, sont produits dans l’intestin.
Faute de ces substances, ces enfants grandissent, selon elle, sans connaître la joie de vivre: leur enfance est déprimée.
Elle explique que la drogue et les comportements à risque font produire au cerveau ces neurotransmetteurs pendant quelques minutes. La première fois, le jeune découvre ce qu’il n’a jamais ressenti. Il en veut encore, et, dit-elle, on ne peut pas le lui reprocher.
C’est là, selon elle, que naît la dépendance physique. Son livre Le syndrome entéroPHYSIOLOGIQUE parle, lui, d’une autre forme de dépendance, celle qui touche certains aliments. Chaque dépendance alimentaire, écrit-elle, nous est imposée par notre flore intestinale: les microbes de l’intestin dépendent de cet aliment et le réclament en nous donnant une envie irrépressible de le manger.
Sa conclusion ramène toujours au même endroit: pour aider ces personnes, il faut se concentrer sur le système digestif.
Pour aller plus loin
Sources
- Vidéo d’origine: conférence du Dr Natasha Campbell-McBride au 6e congrès international Eurêka de Quantique Planète, Aix-en-Provence, avril 2014. Créateur d’origine: Quantique Planète, congrès organisé par Marion Kaplan (vidéo publiée sur la chaîne YouTube de Marion Kaplan).
- Sous-titrage en français: regimeGAPS.fr. La voix française de la vidéo est celle de l’interprète du congrès. Nos sous-titres la transcrivent et la corrigent d’après l’anglais.
- Natasha Campbell-McBride, Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE.
- Natasha Campbell-McBride, Le syndrome entéroPHYSIOLOGIQUE.