Régime GAPS: le Dr Natasha Campbell-McBride répond aux questions du public
6 novembre 2026
Denise Kruger
En novembre 2016, à Ulm, en Allemagne, la World Foundation for Natural Science réunit son congrès international « New Scientific Outlook ». Le Dr Natasha Campbell-McBride y présente le syndrome entéropsychologique (GAPS). Sa conférence a été filmée en trois parties. Dans la troisième, longue d’une vingtaine de minutes, elle répond aux questions de la salle: comment commencer le régime, quel lait choisir, pourquoi le kéfir et le bouillon de viande, et même la maladie de Lyme. Cette séance de questions-réponses est désormais sous-titrée en français. Nous vous en présentons ici les grandes idées.
Dans cette vidéo
- 00:12 Trois étapes du régime
- 02:13 Tout cuisiner à la maison
- 02:56 Le lait et le lactose
- 07:25 Le kéfir, son préféré
- 08:23 Le bouillon de viande
- 09:42 Ronger les os, manger la moelle
- 11:15 Un témoignage dans la salle
- 12:59 Acheter chez de vrais paysans
- 13:59 La maladie de Lyme
- 18:44 Avant la grossesse: le rôle du père
Trois étapes: l'introduction, le régime complet, puis la sortie
La première question est simple: tout le monde commence-t-il de la même façon, que la maladie soit grave ou légère? Non, répond le Dr Natasha Campbell-McBride. Le protocole est adapté à chaque personne:
« Chaque être humain est unique, et une solution unique ne convient pas à tous. »
Elle rappelle ensuite l’architecture du régime, divisé en trois parties. Il y a d’abord le régime d’introduction, puis le régime GAPS complet, et enfin la sortie du régime, une étape qu’elle qualifie de réjouissante. Car, précise-t-elle, la majorité des gens n’ont pas à le suivre toute leur vie.
Le régime d’introduction est le plus exigeant. Il demande de l’organisation: une cuisine équipée, et savoir où acheter les bons aliments.
C’est pourquoi beaucoup de personnes commencent directement par le régime GAPS complet (appelé « régime GAPS global » dans son livre). Sa liste d’ingrédients est plus longue, et il permet même de manger dans de bons restaurants. Selon elle, nombreux sont ceux qui n’ont pas besoin d’aller plus loin. Si certains symptômes persistent, elle conseille de s’organiser, de prendre du temps pour soi et de faire alors le régime d’introduction à la maison.
Son livre Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE décrit ces trois étapes dans le chapitre « Le régime adapté au syndrome GAP » (deuxième partie): « Le régime d’introduction », « Le régime GAPS global » et « La fin du régime GAPS ».
Tout cuisiner à la maison, avec des produits frais
Une personne de la salle regrette que le temps manque pour parler du régime en détail. Le Dr Natasha Campbell-McBride reconnaît que le sujet est immense, et elle commence par le principe de base: tout est cuisiné à la maison, à partir d’ingrédients frais, car, dit-elle, on ne peut pas faire confiance à l’industrie alimentaire.
Elle explique pourquoi. Même quand l’étiquette liste tous les ingrédients, la loi n’oblige pas le fabricant à détailler ce que contient un ingrédient déjà transformé. Sa conclusion est pratique: si l’on cherche à éviter un ingrédient, lire les étiquettes n’aide pas vraiment.
On achète donc des produits frais, tels que la nature les donne: de la viande et du poisson, frais ou surgelés, de vrais œufs et du vrai lait.
Le lait: de vraies vaches, au pâturage
Le lait occupe une bonne partie de sa réponse. Pour le Dr Natasha Campbell-McBride, le lait du supermarché n’est pas celui qu’il faut chercher. Selon elle, tout le lait des supermarchés vient de vaches de race Holstein. Ces vaches donneraient environ trois fois plus de lait par jour qu’une vache normale, et un lait d’une composition différente.
La première chose à faire est donc de trouver un fermier qui a de vraies vaches, et ces vaches doivent être au pâturage. Elles doivent vivre au soleil. Selon elle, c’est à cette condition que leur lait, leur crème et leur beurre contiennent de la vitamine D. Elle met en garde contre certaines vaches dites « nourries à l’herbe », qui restent en réalité à l’étable et mangent une herbe coupée et apportée. Les vaches qu’elle décrit vivent au pâturage la plus grande partie de l’année, elles sont bio et elles sont traites dans le respect de vraies règles d’hygiène. Ce lait n’est pas pasteurisé. Il est consommé cru. Elle s’en explique:
« Car le lait de tout animal est vivant, y compris celui de l’être humain. »
Elle décrit ce lait comme un aliment complexe, riche en cellules immunitaires vivantes, en hormones, en enzymes, en vitamines et en minéraux.
Son livre Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE aborde le lait cru, le lactose et la fermentation dans le même chapitre, « Le régime adapté au syndrome GAP », à propos des produits laitiers.
Le lactose et les laitages fermentés à la maison
Vient ensuite la question du lactose, le sucre du lait. Le Dr Natasha Campbell-McBride explique que le lactose est un sucre double, fait de deux molécules liées: le galactose et le glucose. Ce sont les cellules de la paroi intestinale qui doivent les séparer. Chez la personne GAPS, ces cellules sont abîmées, et elles font mal ce travail. Le sucre double reste alors dans l’intestin, où il nourrit, selon elle, les microbes indésirables comme le candida.
Voilà pourquoi, dans le protocole GAPS, le lait cru est d’abord fermenté à la maison: en kéfir, ou en yaourt fermenté 24 heures. Les bactéries de la fermentation décomposent le lactose et s’en nourrissent. Selon le Dr Natasha Campbell-McBride, les produits laitiers crus ainsi fermentés sont débarrassés de leur lactose. Ils apportent aussi des microbes bénéfiques et de l’acide lactique, qu’elle considère comme l’un des meilleurs antiseptiques du système digestif.
Le kéfir, son préféré
Parmi ces laitages fermentés, le Dr Natasha Campbell-McBride a une préférence: le kéfir, parce qu’il existe depuis des milliers d’années et qu’il a été transmis avec soin de main en main.
Elle raconte que les musulmans attribuent le kéfir au prophète Mahomet lui-même, en précisant aussitôt qu’il s’agit d’une légende.
Mais qu’est-ce que le kéfir? C’est, décrit-elle, une petite chose qui ressemble à un chou-fleur. Ce grain est un biofilm. Dans sa réponse, elle explique qu’il abrite plus de 200 microbes: des bactéries, des levures et des champignons bénéfiques. Placé dans du lait, il le transforme en kéfir en 24 heures. On filtre ensuite le kéfir dans une passoire pour récupérer le grain, on le remet dans du lait frais, et il se multiplie. On peut alors le partager avec ses amis et sa famille.
Vous trouverez le mode d’emploi dans Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE, au chapitre « Recettes », sous « Yaourt, kéfir et crème aigre », et dans Guide et recettes pour manger GAPS, avec la recette « Kéfir de lait ».
Le bouillon de viande, comme chez nos grands-mères
Le protocole nutritionnel GAPS fait aussi fermenter des légumes, et il fait une large place au bouillon de viande. Pour l’expliquer, le Dr Natasha Campbell-McBride invite à penser aux grands-mères, qui avaient toujours une marmite sur le feu dans la cuisine.
Et surtout, rappelle-t-elle, on ne jetait pas les os.
La recette est simple. On met les os dans une marmite avec un peu de viande, et avec les bas morceaux que personne ne veut acheter chez le boucher. On laisse cuire deux ou trois heures, avec un peu de sel et des grains de poivre. Pour elle, ce bouillon est précieux pour le système digestif, les articulations et tous les tissus conjonctifs, parce qu’il apporte du collagène prêt à être utilisé par l’organisme. Elle rappelle qu’un tiers des protéines de notre corps est du collagène.
Dans chaque tasse de bouillon, elle ajoute une cuillère à soupe de kéfir. Avec ce bouillon, on prépare aussi des soupes.
Les soupes au bouillon de viande se trouvent dans Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE, au chapitre « Recettes », sous « Soupes ». Le livre Guide et recettes pour manger GAPS lui consacre aussi une section, « À propos du bouillon de viande », dans son chapitre « Le régime d’introduction ».
Ronger les os, manger la moelle
Les os du bouillon ne partent pas à la poubelle. Ils sont entourés de tissus gélatineux, de ligaments, de la capsule articulaire, et ils contiennent la moelle. Le conseil du Dr Natasha Campbell-McBride est imagé: on les ronge comme un chien, jusqu’au moindre petit morceau. Dans sa réponse, elle a cette image: une bouchée de ligament arrachée à l’os vaudrait une dizaine de pots de complément de collagène, sous une forme facile à digérer.
Pour la moelle, elle donne un geste de cuisine: taper l’os sur une planche à découper en bois pour la faire tomber, puis la manger et en donner aux enfants.
« La moelle osseuse est un véritable baume pour le corps humain. »
Tout cela, conclut-elle, revient aux valeurs traditionnelles, à la façon dont on mangeait avant l’apparition de l’industrie alimentaire.
Elle précise que les recettes sont dans son livre, et que d’autres livres de recettes GAPS sont présentés sur son site. Pour elle, c’est un régime très simple à suivre.
Un témoignage dans la salle
Un homme prend ensuite la parole, en allemand. Il raconte qu’il a lu le livre du Dr Natasha Campbell-McBride et qu’il a voulu essayer: depuis sept mois, il fait ce régime GAPS, et il s’en dit tellement enthousiaste.
Il n’était pas très malade, précise-t-il. Il voulait simplement essayer, et compte aller jusqu’au bout. Peu importe, dit-il, qu’on soit végétarien, végan ou qu’on mange de la viande: on trouve toujours quelque chose. Selon lui, la seule condition est d’avoir une bonne source de produits. Il fait le lien avec l’organisateur du congrès: soutenir l’achat local, c’est-à-dire aller à la rencontre de paysans de confiance, est selon lui tout à fait dans la ligne de la World Foundation for Natural Science.
Acheter chez de vrais paysans
Le Dr Natasha Campbell-McBride reprend ce point, qu’elle juge très important:
« N’achetez pas votre nourriture dans les supermarchés, s’il vous plaît. »
Il existe, dit-elle, de vrais paysans qui produisent de la très bonne nourriture, mais qui peinent à s’en sortir. Selon elle, les gouvernements occidentaux soutiennent l’agriculture industrielle, et non les agriculteurs bio et naturels. Elle décrit la ferme idéale comme une ferme diversifiée, avec des animaux, des oiseaux et des plantes: pour elle, une ferme est un organisme vivant.
Les animaux restaurent le sol, et l’on peut ensuite y faire pousser des plantes. Son appel est direct: il faut trouver ces agriculteurs, les soutenir et acheter sa nourriture chez eux.
La maladie de Lyme: le regard du Dr Natasha
Un participant venu de Suisse demande ensuite si elle a de l’expérience avec la maladie de Lyme, qui touche l’un de ses collègues. Le Dr Natasha Campbell-McBride commence par une question: la maladie de Lyme devient une épidémie, et il faudrait, selon elle, se demander pourquoi.
Les tiques ne sont pas nouvelles. Elle raconte son enfance: elle faisait de la course d’orientation en forêt, et chaque été lui apportait quatre ou cinq piqûres de tiques. Les enfants s’examinaient le soir, et tout allait bien. Borrelia et Babesia, les microbes associés à la maladie, ne sont pas nouveaux non plus.
Pour elle, il faut changer de regard sur les microbes:
« Les microbes sur notre planète sont nos amis. »
Il faudrait même, à ses yeux, redéfinir le mot parasite.
Son idée est la suivante. Quand un produit chimique s’accumule dans le corps et que celui-ci ne peut pas l’éliminer seul, le corps ferait appel aux microbes capables de s’en charger. Elle soupçonne en particulier le glyphosate, un herbicide, et se dit presque sûre qu’il s’accumule dans le corps humain et que celui-ci ne peut pas l’éliminer.
Tant que le produit chimique continue d’entrer dans le corps, explique-t-elle, les microbes qui s’en occupent restent. Elle ajoute que d’autres microbes les accompagnent, comme le candida et plusieurs virus, et qu’ils fonctionnent en équipe. Sa conclusion dépasse la personne malade: pour se débarrasser de l’épidémie, il faudrait, dit-elle, commencer par nettoyer la planète.
Elle revient sur ce sujet dans son livre plus récent, Le syndrome entéroPHYSIOLOGIQUE, au chapitre « Toxines et parasites », sous l’intertitre « La maladie de Lyme ».
Avant la grossesse: le rôle du père
La dernière question vient d’un autre participant suisse. Il demande quelle est la responsabilité de l’homme, de la période qui précède la grossesse jusqu’au sevrage, pour que l’enfant naisse et reste en bonne santé.
Le Dr Natasha Campbell-McBride le renvoie à son livre. Dans la version traduite en allemand, explique-t-elle, une quatrième partie est consacrée à la préconception, à la grossesse et au nouveau-né. Elle l’invite à lire cette partie, qui répondra, dit-elle, à ses questions sur ce qu’il peut faire.
Le site présente aussi ce thème sur sa page Régime GAPS – Préconception & grossesse.
En français, cette partie se trouve dans Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE: c’est la quatrième partie, « L’arrivée d’un enfant dans une famille GAPS », avec « Avant et pendant la grossesse » et « Le nouveau-né ».
Pour aller plus loin
Sources
- Vidéo d’origine (en anglais): séance de questions-réponses du Dr Natasha Campbell-McBride, World Foundation for Natural Science, 2016. Créateur d’origine: World Foundation for Natural Science.
- Traduction et sous-titrage en français: regimeGAPS.fr.
- Natasha Campbell-McBride, Le syndrome entéroPSYCHOLOGIQUE.
- Natasha Campbell-McBride, Le syndrome entéroPHYSIOLOGIQUE.
- Guide et recettes pour manger GAPS.